Posted by: toy:n | 13 décembre 2007

Les Linden-journalistes mélangent fiction et réalité

« La voix 3D arrive sur Second Life. » Le ton est clair, l’info de taille pour les aficionados, et la présentatrice… virtuelle. C’est un avatar, qui s’excuse avec humour de son absence pour « vacances » en début de journal. Le JT vient de SL Observer, l’un des médias consacré à Second life. Entre autres SL mag, ou leur homologue tabloïd anglophone AvaStar.
On trouve décidément de tout sur Second Life. On connaissait les vrais agents immobiliers, les vrais vendeurs de PC qui vendaient pour de vrai de faux PC qui finalement se retrouvaient en vrai chez vous, les cyber-permanences des partis politiques (la Ségosphère a massivement investi le métavers pour la dernière présidentielle). Mais on entendait moins parler des journaux estampillés “Second Life”.
Et pourtant, depuis que des journalistes très sérieux s’y mettent, l’affaire fait du bruit. Adam Pasick a pris le nom d’Adam Reuters, son agence, sur SL. Dan Bui, du Nouvel Observateur, s’y est mise peu après.
Alors ils émergent. On les découvre qui existent depuis 2006. Ces journaux, entièrement dévolus à l’univers virtuel, mèlent à la fois propos IRL (in real life, « dans la vraie vie », ndlr) et IG (in game, « dans le jeu »). On y parle tout aussi bien des nouvelles dans Second life, comme de celles qui touchent le jeu. Dans le dernier JT du Slobserver, qui utilise désormais la vidéo, l’avatar de la présentatrice fait suivre l’information sur la voix 3D qui débarque à Second Life de l’inauguration de la maison de l’Europe sur une carte du jeu.
Une info touche des personnages, avatars certes bien faits, mais avatars tout de même, l’autre intéresse leurs joueurs. Etrange mélange de genre eXistenzien, où fiction et réalité s’entremêlent pour ne former qu’une. Le défi est important pour les sociologues ces prochaines années : interroger l’évolution du rapport à la réalité après la moulinette des métavers.

Posted by: toy:n | 12 novembre 2007

Le droit de grève en cinq dates

14 juin 1791

La loi Le Chapelier interdit tout groupement professionnel. Libérale au possible pour ces premières années de Révolution, elle est au départ destinée à contrer les mouvements qui pourraient porter atteinte à la liberté d’entreprendre.

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Le livret ouvrier de 1803

 

12 avril 1803

Le contrôle policier et la mise sous tutelle des employés par les patrons sont portés aux nues grâce au livret ouvrier. Le carnet permet de suivre le salarié à la trace. La loi du 22 Germinal an XI fait également de la grève un délit.

25 mai 1864

L’Empire réintroduit le droit de grève en supprimant le délit de coalition. Il restreint la loi Le Chapelier, mais exige que les grèves n’entraînent ni blocage de la production, ni violences.

4 octobre 1941

La “Charte du travail” du gouvernement de Vichy interdit la grève, et impose des syndicats uniques et obligatoires. C’est un retour au contrôle total des salariés, et un retour à l’ordre policier.

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“Cassez-vous, cons d’ouvriers, je vais rater mon train.”, Philippe Pétain.

27 octobre 1946

« Tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix. » La Constitution de la Quatrième République, après la Libération, rend possible le retour du droit de grève, bafoué par Vichy. Le droit de grève sera réaffirmé dans la Constitution de 1958, instaurant la Cinquième République.

Posted by: toy:n | 12 novembre 2007

Ami Versac

Triste ironie, ami Versac. Toi, le grand blogueur, ô couché qui donna à Libération son heure de gloire, en étant THE espace de liberté lors du forum éponyme. Toi, Versac, dont on ne se demande plus si tu es soluble dans le conservatisme (seul le commentaire de Jacques Marseille parvient à aller plus loin).

Ami étudiant, pourquoi te battre ? Etudiant, de la mesure… Etudiant, tu ne veux pas de réforme, tu es la clé de l’immobilisme ! Trop facile, ami Versac. Trop facile de chercher le compromis et la compromission dans les néo-ringardises centristes. Et trop facile de justifier tout par le “faut bien que ça bouge”. Oui, mais dans quel sens ?

Et si je te parle d’Agcs, de libéralisation des études, si je te fais part des craintes que j’ai pour les études de mes soeurs (trop tard pour moi) ? Tu balaies ça d’un bras. Mais tu ne sais pas, ami Versac. La province. Grenoble, où tu es passé en coup de vent, ego monstrueux dans le néo-ringard bunker centriste. Alors, les étudiants, tu ne les as pas vus.

Mais on était là, pourtant, ami Versac. Et nous n’avions pas attendu d’avoir ta parole divine pour savoir si on allait manifester ou non. Allègre, Fillon, Villepin, Pécresse. Une de plus ? Une de moins. Il faut bien que quelqu’un s’y colle. Il parait que les étudiants sont une race en voie d’extinction, derniers supports de la Révolution.

Et pourtant, je ne vois pas la même chose que toi, ami Versac. Je ne vois pas ces jeunes en keffieh prêts à brûler tout ce qui bouge. Je vois des gens qui se bougent, qui se posent des questions. Des gens qui n’ont pas la paresse intellectuelle de ne rien faire. Et qui essaient de convaincre les autres, ami Versac. Ceux qui ne se bougent pas, ceux qui se disent que ça ne sert à rien, ceux qui sont contre les grèves. Le droit de grève, on l’a gagné, ami Versac. On s’est battu pour ça. Et toi, t’étais où ? Pas dans le cortège ?

Allez, sans rancune, ami Versac. Viens nous voir à Grenoble, à l’occasion. Pas besoin de ta webcam, de ton ordinateur portable ou de ton smartphone. Si tu nous cherches, suis les pavés.

Posted by: toy:n | 12 novembre 2007

Forum Libération

Le Forum Libération s’est tenu à Grenoble en septembre 2007. Dedans, les “débats” réunissaient des milliers de visiteurs. Dehors, la manifestation n’a pas fait un bruit dans les journaux.

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Posted by: toy:n | 12 novembre 2007

Sarkozy, VRP de la politique 2.0

Sarkozy est-il à la communication ce que le Big Mac est au pouvoir d’achat ? Une mesure totale, ultime, transcendentale ? Il communique, est la communication. Il suit ses plis, ses évolutions technologiques, ses avancées, ses excès et ses déboires. Le président a-t-il appris de son divorce, qu’à trop user de son image on en finit blessé ?

Apparemment non. Le président reste invariable. Il n’en démord pas : il veut être partout, avec les pêcheurs au Guilvinec, à Washington avec Bush, au Maghreb pour vendre le TGV, et au Tchad pour sauver l’Arche de Zoé… Aucun répit, aucun repos. Pour lui, mais il se dit “hyperactif”, et dort “dans l’avion”. Pour nous, et on ne peut pas en dire autant. On voulait dormir dans l’avion, mais Air France était en grève. Alors on allume la télé, et on regarde le président aux quatre coins du monde, et sur une vingtaine de chaînes à la fois.

Le “style Sarkozy” est à rapprocher des évolutions de la communication, disais-je. Interactivité, accès à tout pour tous. Le Village global de McLuhan puissance 10, car en plus de tout savoir de partout, on doit pouvoir agir n’importe où. Je blogue, tu blogues, nous bloguons. Chacun a son avis à dire sur le web 2.0. Vive la cybernétique ! Sarkozy, héros de la France, dit tout partout sur tout quand il veut. En direct, lui.

On critique, on parle de personne à personne, chacun face à la masse et la masse face à chacun. “Sarkozy, aussi”, dirait Fernandel. Mais voilà, le web 2.0, c’est aussi laisser les autres parler. Et ça, il a du mal, le président. Car sur la toile, il y a de la place à tout le monde, parait-il. Attention, mister Président, que la moulinette de l’agrégateur de flux (comme netvibes, google reader, bloglines, etc, NDLR) ne vous fasse pas disparaître par excès de communication. Quand un flux RSS noie les autres, il agace, et on le zappe. D’un simple clic sur la petite croix. Les perdants du paf pourraient en apprendre à Sarkozy ; le téléspectateur, l’internaute et l’électeur ont un point commun : quand ça ne leur plait plus, ils zappent.

Posted by: toy:n | 10 novembre 2007

Il existe un site ou tuer la télé n’est rien

C’est beau, c’est bon, c’est flash.

La cité des mortes. Un livre pour certains, “La ville qui tua les femmes”, de Jean-Christophe Rampal et Marc Fernandez. Ou un documentaire éponyme, diffusé en octobre sur Canal + en octobre, pour les abonnés. La cité des mortes, c’est maintenant un webdocumentaire, premier du genre, en France.

Sorte de livre interactif, entre le jeu vidéo (toucher des boutons virtuels, un régal pour les ex-ados geeks que nous sommes), la vidéo, la radio et le livre. Bref, multimédia. Le fond est un sombre fait divers dans la ville de Ciudad Juarez. Le plus intéressant, c’est la forme. Le webdocu tire partie de sons, images, vidéos, infographies glanés sur place ou réalisés. Le tout en flash pour les droits. C’est un peu déroutant au début, surtout pour des non-adeptes de jeux vidéos. On se croirait dans un Myst : il faut tout toucher, tout écouter, tout retenir pour mettre soi-même les différents éléments proposés en lien les uns avec les autres.

Et c’est la principale innovation de La cité des mortes. Outre la prouesse technique (pas tant au niveau informatique que journalistique, d’ailleurs, car l’ensemble reste parfaitement cohérent), le webdocumentaire autorise aujourd’hui à “passer à côté”. Sciemment ou non, simplement parce qu’on oublie une case, qu’on ne clique pas à tel endroit. Ou à se faire sa propre subjectivité, selon l’ordre dans lequel on regarde.

S’il reste évident que le concept d’angle n’a pas disparu, La cité des mortes le relativise pourtant largement. Tout montrer, tout décrypter. L’analyse ET les faits. Tout dans un seul document, où ce n’est plus le journaliste qui choisit quel angle donner à son sujet, mais le lecteur/spectateur/auditeur (va falloir lui trouver un nom, d’ailleurs… le récepteur pour faire clair ?) qui construit son angle propre.

Posted by: toy:n | 8 novembre 2007

Tchad : on bouge les bras

Sarko au Tchad pour guerre au Soudan
envoyé par inet

L’honneur est sauf. France, rapatrie tes journalistes, Afrique, tais-toi. Il y avait Cécilia pendant les grèves de la SNCF, il y a l’Arche de Zoé pour les marins-pêcheurs. Sarkozy bouge, Sarkozy le montre, et les médias relaient. Ils n’allaient pas se priver, en même temps, puisque le président français a réaffirmé notre chère et tendre liberté de la presse.

Loin de moi l’idée de rallier les opinions de ceux qui voient dans les journalistes de Synchro-X et de Capa des complices. Les journalistes ne sont pas Zorro, les journalistes racontent. Et il n’y a pas - en tous cas pas assez pour que la justice tchadienne garde les journalistes - de non-assistance à personne en danger pour nos deux photographes. Pour la journaliste de France 3, c’est plus complexe : elle aurait été présente en tant que famille d’accueil.

Donc Sarko ira chercher tout le monde, après. Ou plutôt, non. L’Elysée s’embrouille dans ce qui semble devenir la prochaine affaire d’Etat. Pas d’ingérance au Tchad, indépendant depuis 1960. Après tout, on a déjà bafoué les droits de la défense, la présomption d’innocence, le secret de l’instruction… On allait pas en rajouter.

Donc les autres seront jugés au Tchad a priori. Et nous, on garde nos journalistes.

Posted by: toy:n | 29 octobre 2007

Seti@home : partagez votre puissance de calcul

Fous d’ADSL 5+ qui ne savez pas quoi faire de vos milliards de MHz disponibles, cette émission est pour vous. Enfin, était, puisqu’elle était diffusée hier soir, et qu’aucune rediffusion n’était prévue par Arte. Bref, Cosmic connexion explorait l’humain et la planète Terre hier soir, dans un message à destination des extra-terrestres.

Projet phare présenté : le projet Seti, et sa déclinaison seti@home. Le projet Seti - pour Search for extra-terrestrial intelligence - a pour but de décrypter les signaux venus de l’espace. 360 petites paraboles à Arecibo, d’une capacité égale à un engin de 100 mètres de diamètre, soit le plus grand radiotéléscope mondial. On capte tout ce qui bouge dans l’espace. Dans une portion congrue de l’espace, en tous cas. Tout ce qui n’est pas son naturel de l’espace, tout ce qui est bruit artificiel, est susceptible d’être envoyé par une intelligence extra-terrestre.

Mais voilà, nos très sérieux chercheurs manquent de puissance de calcul pour traiter le signal perçu en continu. Et pour ce projet très ambitieux, chacun peut oeuvrer, en délestant quelques MHz de bande passante. En allant sur le site de seti at home, un logiciel est disponible au téléchargement, qui récupère la puissance de calcul disponible de votre ordinateur pour l’allouer au projet Seti. S’il n’est pas sûr que le projet aboutisse un jour (car si vie il y a, il est probable qu’elle soit faite de bactéries, et la communication avec les bactéries n’est pas chose aisée), c’est toujours passionnant à suivre.

Posted by: toy:n | 28 octobre 2007

Jérôme Bonaldi réinvente le cheval à uranium

Soir 3. Merveille du journalisme, un créneau sans faille : personne ne fait de journal à cette heure-ci, sauf à regarder les chaînes d’info en continu. Coincé devant la troisième chaîne samedi soir, pour voir “si mon avion décollera demain” (la réponse est non), je tombe sur les suites du Grenelle. Traitée en quatrième sujet après les grèves, l’Arche de Zoé et le congrès du PS, la manifestation du réseau Sortir du nucléaire a le droit à 15 secondes de off. José Bové, des jeunes déguisés, de la musique forte… Retour plateau après ces quinze secondes de caution gaucho pour assener une vérité : le nucléaire est LA solution.

En invité, c’est Jérôme Bonaldi qui le dit : il n’y a aucune alternative crédible au nucléaire, et le cheval reviendra à Paris. Argument : le bus roule à 9km/h, et le cheval avance à la même vitesse (ça fait toujours plaisir de voir un “journaliste” ne pas vérifier son info, et confondre vitesse de pointe et vitesse moyenne…)

Mais passons, ce qui nous intéresse ici, c’est le traitement médiatique de l’histoire. Après le Grenelle de l’environnement, succès garanti - clés usb à l’appui, et les déclarations de tout ce que Paris compte d’important, on entend enfin ceux à qui ça ne plait pas. Le réseau Sortir du nucléaire. Problème : ce n’est qu’un off, et ça ne dure que quinze secondes. Avec une interview de Jérôme Bonaldi derrière (grand spécialiste du nucléaire comme chacun le sait, puisqu’il a écrit un livre intitulé “La vie (presque) sans pétrole” avec une jolie photo de lui sur demi-couv’).

La thèse de Jérôme Bonaldi : le nucléaire est incontournable, c’est l’énergie du futur. Et les questions du journaliste : “Vous pensez donc qu’on ne peut pas faire sans nucléaire ?”, ou “Mais alors, le prix du baril de pétrole va encore monter ?”, ou encore “Vous proposez des calèches à cheval pour remplacer les bus parisiens ?” (air étonné de mise). Et le journaliste - et écrivain, précise le bandeau - d’avoir deux minutes entières d’interview, et de promo.

D’où ma question. Quand est-ce que le journaliste de Soir 3 pose les questions en rapport avec le sujet de quinze secondes précédents ? Quand est-ce qu’il va lui demander “Mais, le nucléaire, ça pose le problème des déchets ?” ou “Et la dangerosité ?”. Car être ouvertement pro-nucléaire, ou plus largement pro-gouvernement est une chose… Mais faut-il pour autant en oublier certains fondamentaux ? Comme de parler de la même chose aux deux parties interrogées dans un sujet contradictoire ?

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